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Les Sources de la Magie – Joël Champetier – roman Fantasy

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Pour cette fois, je vous propose la chronique d’un auteur qui, lors de sa mort il y a 5 ans, a donné son nom à un prix littéraire : le prix Joël Champetier, décerné par la revue Solaris dont il a été le rédacteur en chef.

Les Sources de la Magie est une jolie histoire de Fantasy, éditée aux bien-connues éditions Bragelonne.

La quatrième de couverture

Au royaume de Contremont, maître Ian Corybantier, magicien réputé, coule des jours sereins. Or, voilà que d’étranges événements viennent perturber sa quiétude…Il y a d’abord la corvée du grand ménage – personne ne peut y échapper, assure Bernières, la gouvernante – qui prend une singulière tournure lorsque le mauvais temps surgit à l’improviste et qu’une porte de chêne décide de s’incruster magiquement dans un mur du manoir. Puis, il y a l’arrivée de Marion, la nièce de seize ans du magicien.
De fait, le frère de Ian Corybantier, Héran, intendant du royaume voisin, craint qu’on n’enlève sa fille unique, plusieurs nobliaux étant violemment opposés à son projet de « démocratiser » le pays. Mais avec son puissant oncle magicien, Marion est sous bonne garde, n’est-ce pas ?
Hélas ! c’est oublier que l’adversaire peut aussi se servir de la magie et qu’il est extrêmement difficile de garder secrète la présence d’une jeune fille remuante de seize ans. Oui, décidément, la quiétude de maître Corybantier est vraiment une chose du passé !

Mon avis sur ce roman

C’est une jolie histoire, plutôt à destination des adolescent.e.s, mais pas que : si vous avez encore la capacité naïve à vous émerveiller d’une histoire légère et fraîche, sans batailles à tours de bras ou scènes d’actions de type heroic fantasy, allez-y, c’est un très bon moment à passer !

Ma note : 4 / 5

Style de l’auteur

Le style de Joël Champetier est bon,avec une tonalité très “cocooning” qui colle à l’envie de tranquillité de Ian, et qui contraste avec l’envie d’aventure de sa nièce, Marion.

Le ton est humoristique, sans jamais tomber dans le graveleux ni le vulgaire, ce qui rend cette lecture extrêmement plaisante. C’est léger, c’est frais, c’est sympa comme tout et ça change un peu des grandes sagas épiques qui se prennent parfois un peu trop au sérieux.

Maîtrise de la langue

Bon, ce serait un comble de dire que Joël Champetier maîtrise mal la langue française : entre les qualités intrinsèques de l’auteur et celles de la maison d’édition, pas d’inquiétude !

Personnages

C’est un 5/5 sans hésitation ! Si Ian est un peu mou sur les bords au début du roman, en mode “papy avec ses charentaises”, les personnages sont très attachants et portent le livre d’un bout à l’autre. Ils sont très humains, avec leurs qualités et leurs défauts, sans jamais paraître monolithiques.

Une mention spéciale à Petite Caille, la chienne qui parle, et qui… non, je ne dis rien, mais j’ai beaucoup accroché à ce personnage qui en voit (malheureusement) de toutes les couleurs.

Univers

L’univers est sympathique, assez classique en Fantasy, sans pour autant être LE sujet du livre : les personnages sont au cœur du roman, et non le système de magie ou encore la géopolitique alambiqué d’un royaume millénaire de consanguins chroniques.

Intrigue

La Porte est intrigante. Pour le reste, nous sommes dans du très classique, c’est peut-être le point faible de ce livre, et en même temps, c’était la volonté de l’auteur…

Originalité

Idem que l’intrigue : un mage noir, un gentil magicien âgé et sa nièce (en tout bien, tout honneur !), c’est somme tout très classique, mais les personnages emmènent l’histoire et permettent de se dégager de ce classicisme.

Note de l’auteur

J’ai souvent trouvé l’écriture de fantasy plus ludique que l’écriture de science-fiction et de fantastique. Je n’ai pas dit, quoi qu’en pensent certains, que la fantasy s’écrit toute seule. Je crois avoir consacré autant de temps, de sueur et de réflexion à mes œuvres de fantasy, mais avec la volonté aussi de m’amuser, ce qui résulte j’espère à une expérience de lecture différente de celle de mes autres livres. Ça ne sera peut-être pas toujours le cas, mais jusqu’à présent j’ai essayé d’offrir une fantasy légère, humoristique, peuplée de personnages sympathiques.

Je veux qu’en cette époque où l’horreur et la fiction gothique prédominent, que l’on puisse éprouver aussi un peu de joie et de réconfort à lire de la fiction, ce qui ne m’empêche pas d’ajouter de temps en temps un épisode sardonique ou horrifiant, épices nécessaires pour éviter que l’œuvre soit fade ou platement édifiante.
Donc pour alléger un peu le labeur quotidien de l’écriture — mot après mot, phrase après phrase, paragraphe après paragraphe — j’ai volontairement truffé toute la série de Contremont d’allusions et de calques, certains évidents, d’autres parfaitement ésotériques sauf pour une poignée d’initiés. Au-delà de l’amusement, ces clins d’œil se sont souvent avérés de puissants agents libérateurs de l’imaginaire. D’ailleurs, même dans ma science-fiction et mon fantastique j’ai parfois recouru à ce procédé, mais la fantasy est le genre qui s’y prête le mieux, puisqu’il est celui où tous les auteurs se sont le plus inspirés les uns des autres sans que personne ne s’en offusque. La fantasy est un vaste « chaudron d’histoires qui bouillonne sans arrêt », pour reprendre la jolie expression de Tolkien; j’y ai souvent trempé ma louche, en incorporant à mon bouillon tous les auteurs qui me sont tombés sous la main, classiques et modernes, selon mes lectures et l’humeur du moment.
(…)

Joël Champetier

En conclusion, la volonté de l’auteur est plutôt réussi : sachant ce qu’il a voulu y mettre, si cela correspond à vos aspirations de lecture, foncez, vous ne serez pas déçus !

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