LES REVENUS DE MES ROMANS EN 2020

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Le mois dernier, je vous ai dévoilé mon bilan 2020 : j’ai vendu environ 1000 romans, tous formats confondus, sur l’année entière… C’est pas si mal : il y a environ 100 millions de romans vendus chaque année en France, et suivant les sources, on compte environ 65 000 romanciers. Soit 1500 romans vendus par auteur chaque année en moyenne… avec des disparités très fortes.

Car quelques trois milliers d’auteurs vendent à eux-seuls 70% des romans vendus en France (plus de 20 000 romans en moyenne chacun)… et une centaine d’entre eux vendent 22% du total (220 000 romans en moyenne chacun) ! Les auteurs de best-sellers font l’essentiel des ventes. Sacré scoop !

Cela laisse plus de 60 000 auteurs qui vendent moins de 500 romans par an en moyenne, ce qui représente entre 500 et 1000 € de droits d’auteur par an en moyenne : le métier d’auteur est un métier précaire et pauvre…

Avec 1000 romans vendus, je suis à la frontière de passer dans le top 5% des auteurs de France… De quoi se réjouir ? Oui… et en même temps, bof, car économiquement, ce n’est vraiment pas glorieux : vivre de l’écriture est un rêve inaccessible pour la grande majorité des auteurs.

Pour ma part, je vous avais promis de vous dévoiler quelques éléments de revenus, alors les voici.

Mes canaux de vente

J’utilise deux canaux pour vendre mes romans : Amazon KDP et la vente directe (dont quelques ventes en librairie, très marginales).

Via Amazon, j’ai gagné 2048 € de redevances en 2020 pour environ 900 exemplaires, tous formats confondus.

En vente directe, j’ai gagné 1418 € pour une centaine d’exemplaires brochés.

Soit environ 3500 € de gains en 2020.

Pour vivre de sa plume, ce n’est pas du tout suffisant. Et surtout, ce chiffre de revenus cache une partie de la forêt : pour pouvoir vendre des livres, il faut savoir dépenser, surtout quand on est un auteur auto-édité !

Je suis un auteur dépensier

Car pour parvenir à ces 3500 € de gains, j’ai dépensé pas moins de 2032 € en 2020. Tout ça ? Oui, tout ça, et voici mes sources de coûts :

  • Amazon advertising : 1040 €
  • Impression des romans vendus en direct : 409 €
  • Frais postaux pour les romans vendus en direct : 306 €
  • Constitution d’un stock de romans pour les salons : 167 €
  • Frais divers de communication : 110 €

Une marge de 1434 €

Du coup, il est nécessaire de raisonner en marge dégagée, c’est-à-dire la différence entre les gains et les dépenses.

En 2020, j’ai gagné 2048 + 1418 – 2032 = 1434 € : à peine plus qu’un mois de SMIC. Avec de grosses disparités :

  • Via Amazon, j’ai gagné 943 € soit environ 1€ par exemplaire vendu
  • Via la vente directe, j’ai gagné 491 € soit environ 5€ par exemplaire vendu

Une manière de l’interpréter, c’est de considérer que mes ventes Amazon “financent” tous mes frais (communication, impressions, notoriété, …) et que je gagne ce que je vends directement.

Un premier enseignement : en vendant 9 fois moins de livres en direct, je gagne 5 fois plus par exemplaire. Voici le dilemme de toute activité mercantile : faut-il privilégier la marge ou les volumes ?

  • L’inconvénient de la vente directe, c’est qu’elle nécessite beaucoup – BEAUCOUP – de temps et d’énergie, en salons, en dédicaces, en communication, …
  • L’inconvénient d’Amazon et de travailler les volumes, c’est que cela coûte au final très cher.

Pour ma part, je suis du genre à éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier… dans le respect des obligations contractuelles (car oui, Amazon fonctionne bien quand on fait le choix de l’exclusivité KDP).

Un second enseignement, c’est que…

AMAZON rafle tout (ou presque)

J’avais présenté dans cet article la décomposition du prix de vente d’un livre papier. Je vous remets le graphique correspondant.

Source : Lys Bleu Editions

En auto-édition via Amazon, qu’est-ce que cela change ?

Hé bien, pour ma part, sur le cas de AAA (version broché), voici les résultats de la vente via Amazon :

décomposition moyenne du cout du livre autoedition Amazon

  • Le libraire est forcément le grand perdant puisqu’il n’existe plus.
  • L’Etat, lui, n’est pas impacté.
  • Vous remarquerez qu’habituellement, le couple auteur-éditeur emporte 30%. Via Amazon, seuls 23% me reviennent. Perdant financièrement… mais on ne va pas se mentir : sans Amazon, l’auteur auto-édité que je suis n’existerait pas !
  • L’imprimeur est un grand gagnant… en apparence : il gagne presque trois fois plus. MAIS : dans le cas d’Amazon, l’imprimeur, C’EST Amazon, donc c’est un gain supplémentaire pour la plateforme.

D’ailleurs, si on additionne les gains d’Amazon, on se rend compte que la plateforme empoche 59% du prix de vente d’un livre !

Amazon a réussi à faire main basse sur les gains de l’essentiel de la filière du livre…

Et en vente directe, est-ce que cela change quelque chose ?

Voici les résultats :

décomposition moyenne du cout du livre autoedition vente directe

C’est meilleur pour l’auteur auto-édité et forcément moins bon pour Amazon… même si, encore une fois, Amazon reste un imprimeur trois fois plus cher que les imprimeurs traditionnels. Je pourrais tout à fait trouver un autre imprimeur, mais :

  1. Le tirage minimal nécessiterait un gros investissement financier de départ et une bonne dose de risque (Amazon imprime à la demande et c’est un très gros atout !)
  2. Il faudrait obtenir un autre ISBN et faire une autre déclaration à la BNF (bref, un administratif un poil pénible)

Un grand gagnant, c’est la filière de livraison : en vente directe, je dépense plus de 6€ pour l’envoi d’un roman… et je n’ai pas de pouvoir de négociation avec La Poste au vu de mes volumes !

En conclusion, l’objectif pour 2021, c’est de faire encore mieux :

  • deux nouveaux romans
  • plus de ventes sur Amazon
  • plus de ventes en direct
  • plus de salons et de marchés de Noël
  • et surtout plus de rencontres dans la vraie vie, parce que ça reste le sel de la vie d’auteur !

Et advienne que pourra !

Quelques sources :

https://www.20minutes.fr/livres/2018675-20170224-publie-assez-romans-France

https://www.sgdl.org/sgdl-accueil/le-guide-pratique/le-secteur-du-livre

https://actualitte.com/article/32632/auteurs/les-auteurs-francais-en-une-infographie

http://www.ecoute-ecrit.fr/les-chiffres-du-livre-en-france.html

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