Mes outils pour écrire un roman en auto-édition – 2/2

outils écriture yoan h padines 2/2

Dans un premier post sur les outils de l’écrivain, je vous avais présenté les outils que j’utilise pour la créativité et l’écriture à proprement parler.

Dans ce billet, je vais vous présenter les autres outils que j’utilise, et notamment du fait de l’auto-édition qui oblige à un peu plus d’outillage !

La plupart de ces outils sont gratuits, il y a sûrement mieux, mais en tous cas, ils fonctionnent pas tout mal…

Outils pour la création graphique

En création graphique, il existe deux grandes familles de logiciels, en fonction des technologies utilisées : les logiciels vectoriels et les logiciels matriciels. Deux modes de fonctionnement différents pour des usages différents. Avec des milliers de tutos très pertinents dans les deux cas sur Youtube.

Inkscape : logiciel vectoriel

Inkscape est le petit frère gratuit du très connu Illustrator. Le principe du logiciel vectoriel, c’est de créer des formes simples : courbes, carrés, rectangles, rond, … Le gros avantage de cette technique, c’est la résolution : vous pouvez zoomer à l’infini, la qualité sera toujours parfaite. Et c’est normal : la forme tracée est un objet mathématique, recalculé à chaque affichage, quel que soit le niveau de zoom.

On peut additionner et soustraire les formes, déplacer, agrandir, gérer des transparences, ajouter des filtres automatisés.

A mon sens, les logiciels vectoriels sont plus faciles d’accès que leurs homologues matriciels – sûrement mon côté matheux – et ils permettent de créer des infographies de très grande qualité… qu’il faudra exporter pour les utiliser ailleurs, export qui consiste à transformer le dessin vectoriel en… dessin matriciel, ou, en anglais, bitmap, c’est-à-dire un format JPG ou PNG, pour les plus connus. Bien évidemment, une fois exporté, le fichier n’est plus zoomable à l’infini. C’est normal, puisqu’il est devenu matriciel… Vous me suivez ?

Gimp : logiciel matriciel

Gimp est un logiciel open source également, frangin de l’illustre Photoshop. Bref, c’est gratuit, un peu moins puissant, mais déjà énorme dans son utilisation.

Un dessin matriciel, c’est un ensemble de points juxtaposés dans une « matrice », et ces points, on appelle ça des… pixels. Donc un logiciel matriciel va travailler directement les pixels d’une image, avec des brosses, des filtres, des gommes, des lassos, …

C’est une logique complètement différente, plus adaptée à la création graphique et à la retouche photo, puisque cela permet de dessiner/peindre/gommer comme avec un papier/stylo/feutre/pinceau/gomme… si tant est qu’on dispose d’une tablette tactile et d’un stylet.

Les deux types de logiciels sont totalement complémentaires : la plupart du temps, j’alterne entre les deux, retouches photo ou détourage sur Gimp, assemblage et re-taillage sur Inkscape.

photos compte insta yoan h padines

Freepik

Freepik, c’est un outil assez particulier : c’est un site de téléchargement d’images gratuites (avec limite quotidienne) où vous pouvez trouver des cliparts, c’est-à-dire des images vectorielles, et des photos, c’est-à-dire des images matricielles.

Il faut normalement attribuer les droits (ou sinon payer), et c’est une bibliothèque énorme, mise à jour de façon TRES régulière. J’y trouve une grosse source d’inspiration pour de nouvelles créations, pour garder un lien avec les dernières tendances… et parfois pour repiquer quelques visuels. Un très bon complément de Gimp et Inkscape.

Outils pour le WebMarketing

Le WebMarketing, c’est l’ensemble des techniques qui permettent de faire de la communication sur le web… dont la partie la plus visible sont les :

Réseaux Sociaux

Je ne vais peut-être pas vous faire l’affront de vous expliquer ce qu’est Facebook ou Instagram ? Et si vous ne connaissez pas, bah, il vous suffit de créer un compte !

Par contre, un petit conseil de WebMarketeur : dans les outils les plus adaptés à la promotion de livres, tout dépend de votre notoriété, de l’âge de vos lecteurs et… de votre antériorité.

En effet, si vous partez de rien en termes de communication et que vous visez un lectorat plutôt jeune et féminin, c’est Insta qu’il vous faut : c’est le réseau social qui permet de créer le plus rapidement une communauté, avec des taux d’engagement élevés.

Facebook devient problématique : il est utilisé principalement par les internautes les plus âgés (lire 50 ans et plus) et ses taux d’engagement se sont écroulés ces dernières années. Dit autrement, les gens regardent – éventuellement – mais interagissent beaucoup, BEAUCOUP moins qu’il y a quelques années. Pire : les pages d’auteurs avec beaucoup de followers sont fortement pénalisées. Bah oui : si tu veux être vu, paye ta pub.

Encore pire : les groupes Facebook… La plupart présentent une accumulation de posts d’auto-promotion sans le moindre like, commentaire ou partage. Aucun engagement. J’ai parfois l’impression d’avoir rejoint des groupes pour recevoir volontairement du spam. Pas top. En même temps, le nombre fait la force de Facebook : avec la masse d’utilisateurs, un post perdu peut générer des ventes. Sur un malentendu…

Hootsuite

Personnellement, quand je suis parti, je suis parti. Je construis ma timeline Insta à l’avance, ce qui n’exclut pas de l’aménager en fonction de l’actualité. Genre, quand un coronavirus engendre deux/trois désagréments.

Du coup, quand c’est construit, bah, je programme mes posts. Cela évite les oublis, mais permet aussi d’optimiser les horaires, indépendamment de toute autre activité (les courses, le boulot, le téléphone, ….

Et pour cela, j’utilise Hootsuite : c’est une solution gratuite, dans la limite de trois comptes (en fait, deux, ce qui permet de gérer une page Facebook pro et un compte Insta, suivez mon regard) et 30 posts programmés. Habituellement, je diffuse 3 posts par semaine : si vous êtes bons en maths, je peux donc programmer 5 semaines à l’avance !

Bon, dans les faits, je prends rarement autant d’avance… Et il reste quand même les stories à faire.

WordPress

Le blog reste, à mon sens, l’outil number one de l’écrivain qui souhaite communiquer. Parce que, souvent, le premier réflexe d’un (futur) lecteur, c’est de taper le nom d’un auteur sur Google, surtout si c’est un jeune auteur auto-édité. Le site web est donc un bel outil pour rassurer un potentiel lecteur sur le professionnalisme d’un auteur. Et du coup, il faut être référencé. Et pour être référencé, il faut du flux, des visites, des clics d’une page à l’autre, bref de l’activité sur votre site. Et c’est là où un blog est pertinent : il vous permet de créer des articles que vous pourrez publier sur les réseaux sociaux. Et si – oh magie ! – votre communauté va sur votre site, bingo, votre référencement va monter.

Bon, ce sont les grandes lignes du Webmarketing, je ne vais pas vous faire un cours complet, c’est un vrai métier qui peut faire l’objet d’un Bac+5.

Pour ma part, je ne suis pas fan des wix et autres plateformes d’hébergement/blog, pour une raison simple : le référencement nécessite beaucoup de travail. Si vous publiez un article, vous favorisez le référencement de… votre wix (ou autre). Et parfois, il est difficile de récupérer cet investissement si, demain, vous voulez une solution plus professionnelle. Migrer un site web et son référencement, ce n’est pas du tout quelque chose d’aussi simple qu’un copier/coller sur une clé usb.

Je préconise largement de disposer de votre propre hébergeur (chez OVH par exemple), cela coûte quelques dizaines d’euros par an et vous restez maître de votre destin. A cela, vous pouvez y installer un WordPress : c’est LA solution majoritairement utilisée, même par les agences de com. C’est gratuit, vous avez également des milliers de tutos en ligne. Après, encore une fois, c’est un vrai métier… à vous de voir si vous souhaitez l’exercer. Ou pas.

Outils pour la diffusion

Là, ça se corse. Parce qu’en fait, le vrai drame de l’auto-édition, c’est la diffusion : comment faire en sorte que le lecteur puisse – de façon pratico-pratique – faire l’acquisition de votre roman ? Car ne se retrouve pas en libraire qui veut.

KDP d’Amazon

J’ai décidé d’utiliser la plateforme d’Amazon, KDP, l’abréviation de Kindle Direct Publishing. Avantage : c’est plutôt simple et c’est gratuit. Inconvénient : si vous ne montez pas vite dans le top 100 (ou au minimum dans les meilleures ventes d’une catégorie donnée), vous allez perdre en visibilité, et donc moins vendre. Donc votre classement va chuter. Donc vous allez moins vendre, etc. Je pense que vous avez compris le principe : KDP est un accélérateur de croissance comme de décroissance des ventes, et il faut réussir à amorcer la pompe en atteignant une certaine masse critique.

Comme tous les algorithmes des GAFA, celui d’Amazon ne vise qu’un objectif : offrir aux gens ce que tous les autres ont voulu massivement avant eux. Et comme Amazon ne s’embarrasse pas de scrupules en matière de RGPD, les fausses ventes et faux commentaires sont inenvisageables pour détourner le système…

(Bon, je teste aussi Kobo, mais les ventes ne sont pas du tout concluantes, en comparaison : je vends 20 fois moins sur Kobo que sur KDP…)

Le Parfum de la Violette Yoan H. Padines thriller fantastique

Ulule

« Le financement participatif, ou crowdfunding, est un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels, afin de financer un projet via une plateforme en ligne. »

C’est la définition donnée par economie.gouv.fr

Ulule est l’une des multiples plateformes, peut-être la plus connue (en tous cas, très connue). Le principe est simple : vous ouvrez un espace, vous y décrivez votre projet, vous définissez un objectif et des contreparties, puis vous lancez et communiquez auprès de vos proches et de vos réseaux sociaux.

Si la campagne est un échec, c’est-à-dire que l’objectif n’est pas atteint, le porteur de projet perd tout (et la plateforme aussi). Et du coup, le porteur ne doit aucune contrepartie.

Si la campagne est réussie, l’objectif est atteint, le porteur doit remettre aux contributeurs leur contrepartie (qui peut aller d’un simple MERCI à des prestations beaucoup plus conséquentes). Et Ulule (comme la plupart des plateformes) encaisse 8% dont 3% de frais bancaires.

Bref, vous rémunérez une plateforme de vente en ligne, qui vous promet une belle mise en avant. Dans les faits, derrière Ulule, il y a un algorithme de type GAFA, donc vous ne serez mis en avant que si vous êtes déjà très visibles.

Tout l’enjeu pour réussir consiste à bien dimensionner l’objectif et les contreparties, puis à tabasser les réseaux sociaux de communication. Heureusement (pour le porteur comme pour le réseau !), c’est sur une durée limitée…

L’intérêt de Ulule, c’est que l’image sociale du Crowdfunding est assez porteuse : proposez un livre en vente directe sur votre site, les ventes seront très probablement plus faibles que si vous proposez exactement la même chose que sur Ulule. L’être humain est ainsi fait…

(J’avoue, je n’ai pas fait le test pour le Parfum de la Violette, je vais y songer.)

Le VRP

C’est la solution ultime : vendre directement. Jouer au commercial.

via GIPHY

Pour ça, deux grandes possibilités :

  1. Faire des salons, des salons, des salons.
  2. Démarcher directement vos librairies locales pour proposer un dépôt-vente.

Bon, pour ma part, les salons, je suis pas fan. J’ai fait LivreParis2019 dans une autre vie et… bon… Bah… voilà, quoi… Je suis trop matheux pour ça, c’est plus fort que moi. Mais 10 ventes sur un salon, c’est déjà pas mal, de l’avis des gens que je croise. Alors, supposons un roman vendu à 15€. On enlève la TVA (5,5% en France métropolitaine), le coût d’impression (3€50 chez Amazon, auxquels il faut ajouter quand même un peu de frais de port, allez, 4€ ?), et si on suppose que le salon est à deux pas de chez vous (pas de frais de déplacement) et gratuit pour l’auteur (non, ce n’est pas toujours le cas !), bah ça fait une marge magique de… 10€ par bouquin. Donc 100€ le salon qui aura demandé un peu d’investissement (un kakemono, des visuels, une nappe noire, …) et surtout facilement une journée de présence !

Dans le meilleur des cas, cela ramène 12€50 / heure pour un salon qui a bien marché, soit à peine plus que le SMIC (je néglige également le temps de préparation en amont et la déclaration fiscale de ces revenus, no comment. Ah pardon, j’oubliais : je néglige aussi le temps de rédaction du roman ! Suis-je bête…).

Dans le cas un peu plus classique, où il y a des frais de déplacement, genre 50 km AR à 0€30/km (15 €) et un peu de PLV – Publicité sur le Lieu de Vente (flyer, marque-pages, poster, nappe, kakemono, … partons sur un petit 50€ ?), et où vous ne vendez que cinq bouquins, bah… ça vous fait une marge de -15€.

Dit autrement, ce n’est même pas du bénévolat, vous payez pour bosser.

Alors, je sais : certains me diront que c’est une passion. Ou encore que la joie de croiser des lecteurs… Ou bien que… Stop. Chacun voit midi à sa porte. Perso, un salon, je trouve ça épuisant, physiquement et émotionnellement, et je n’ai pas envie de dépenser de l’argent pour exposer !

Pour les libraires, c’est un autre débat. Là, il y a vraiment quelque chose à jouer. Tout dépend du feeling qui passe entre le personnel de la librairie et l’auteur. Ca se tente. Au pire, la librairie dit non. Au mieux, vous pouvez juste, en procédant à un dépôt tous les 3 mois, vendre 25 exemplaires à chaque fois. J’étais sur le coup… Je devais déposer des exemplaires de Vérité : Sauvage et Vérité : Cruelle… Mais y a eu un couac : il s’appelle COVID19 !

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